Concours national limousine à Cournon : pourquoi le bassin fait la gagnante, et ce que le juge Marc Marty retient
Au Sommet de l'élevage, 400 limousines défilent devant un juge de 31 ans. Bassin, viande, vêlage facile : voici ce qu'il regarde.
Si vous achetez de la limousine chez votre boucher, tout se joue bien avant l'étal. Le 6 octobre, au Zénith de Cournon-d'Auvergne, un éleveur ariégeois de 31 ans a classé des centaines de bêtes. Son premier critère tient en un mot : le bassin. Voici pourquoi, et comment on devient juge.
En bref
- Le concours national de la race limousine a réuni 400 animaux adultes de 150 élevages au Zénith, le mardi 6 octobre.
- Le juge Marc Marty, 31 ans, éleveur à Foix, retient dix bêtes sur 25 à 35 dans chaque section.
- La race affiche 98 % de vêlages faciles, grâce à un bassin large et à la finesse des animaux.
Le chiffre clé : 98 % de vêlages faciles et sans assistance chez la race limousine.
400 bêtes sur la sciure du Zénith, sous l'œil d'un seul juge
Mardi 6 octobre, les tribunes du Zénith de Cournon-d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand, sont pleines. Le Sommet de l'élevage en est à sa 35e édition, et la limousine y tient le premier rôle. Pour le concours national, 400 animaux adultes sont venus de toute la France, issus de 150 élevages adhérents du Herd-Book limousin.
Sur la sciure, les génisses d'un an sont les plus agitées. Sous les projecteurs, elles sont vives, nerveuses, et leurs propriétaires s'emploient à canaliser leur énergie. Dans le public, Chloé Barilt, 22 ans, agente de remplacement dans le Cantal, l'Allier et le Puy-de-Dôme, observe la scène. Elle cumule un travail de nuit en boulangerie, pour livrer le pain aux restaurants du Sommet, et des journées sur les exploitations. Elle sourit : « C'est la jeunesse qui fait ça ».
Son regard de professionnelle va droit à l'essentiel : « On voit bien que les vaches sont bien formées de l'arrière, pour la viande ». Voilà ce que le ring met en scène : des bêtes jugées sur leur silhouette, parce que cette silhouette annonce ce qu'il y aura dans la carcasse.
Marc Marty, 31 ans, juge national après une formation annuelle
Au centre du ring, costume bleu marine et accent du Sud-Ouest, Marc Marty scrute chaque posture, chaque ligne de dos, chaque démarche. Il a 31 ans. Il est éleveur à Foix, en Ariège, où il travaille en GAEC avec ses parents sur 200 hectares. Son troupeau compte 80 vaches limousines, auxquelles s'ajoute un atelier de vaches laitières.
C'est la deuxième fois qu'il juge le concours national du Sommet. Il connaissait déjà l'exercice du Salon de l'Agriculture à Paris. Cela ne l'empêche pas d'avouer son trac : « On est très honoré mais également très stressé ».
On ne s'improvise pas juge. Une formation a lieu une fois par an, organisée par le Herd-Book limousin et France Limousin Sélection. Marc Marty la décrit ainsi : on y apprend à juger et à pointer les animaux sur tous les postes. Parmi une quinzaine de juges, les meilleurs sont élus, puis on monte en grade au fil des concours.
Quatre sections, dix bêtes retenues, et des mots pesés
L'après-midi est un marathon. Le juge enchaîne quatre sections. Dans chacune, il examine entre 25 et 35 animaux, n'en garde que dix, puis fixe leur classement final.
La difficulté n'est pas que technique. Les éleveurs ont investi du temps, de l'argent, beaucoup d'énergie, « surtout dans des années compliquées comme ça », rappelle le juge. D'où une règle qu'il s'impose : faire très attention aux mots employés et aux animaux choisis, pour blesser le moins de monde possible. Il ajoute avec lucidité : « Évidemment dans un concours, il n'y a qu'un gagnant ».
Son objectif, dit-il, est double. Que les éleveurs soient contents, et que la race soit fière d'avoir envoyé des juges au Sommet de l'élevage.
Un bassin large : la clé des vêlages faciles chez la limousine
La limousine est la deuxième race allaitante de France, avec un peu plus d'un million de mères. Pour Marc Marty, sa force tient à un équilibre entre l'aptitude bouchère et les qualités maternelles.
« C'est celle qui s'adapte partout, qui présente le moins de défauts, qui vêle le plus facilement par rapport aux autres et qui a la meilleure conformation bouchère et le meilleur compromis entre développement squelettique, qualité de viande et rusticité. »
Marc Marty, juge et éleveur ariégeois, au concours national de la race limousine
Sur le ring, ses critères sont précis. Il cite d'abord la largeur du bassin, puis le meilleur compromis entre ce que l'on retrouve dans la viande et les aptitudes fonctionnelles. Ce bassin large, associé à la finesse des animaux, explique le taux de 98 % de vêlages faciles et sans assistance.
| Critère du juge | Ce qu'il apporte |
|---|---|
| Largeur de bassin | Vêlages faciles, veau qui naît sans aide |
| Compromis viande et aptitudes fonctionnelles | Bonne conformation bouchère sans perdre en qualités maternelles |
| Finesse des animaux | Préserve le taux de 98 % de vêlages faciles |
Le juge ne cherche donc pas la vache la plus lourde ni la plus grosse. Il veut celle qui reste bien conformée tout en gardant des naissances faciles, pour que le veau puisse téter le colostrum au plus vite.
Vénus, 800 kg, première de la section 11 grâce à son bassin
Dans la section 11, la victoire revient à Vénus, une génisse de 2 ans qui pèse 800 kg. Son propriétaire, Mickaël Camus, 32 ans, est installé depuis 6 ans en Haute-Vienne. Il dirige une exploitation familiale de 600 bêtes, créée par son grand-père dans les années 1980 et développée par son père en 1988.
À la sortie du ring, il ne cache pas sa fierté. Et il sait ce qui a séduit le juge : le meilleur bassin de la section. Le critère que Marc Marty met en avant au micro est donc bien celui qui a fait la différence pour la gagnante.
Pour vous, cela donne une clé de lecture simple. Quand un éleveur parle de bassin, de conformation ou de rusticité, il décrit une bête pensée pour naître facilement, vivre sans fragilité et donner de la viande de qualité. C'est cet équilibre, plus que le poids brut, que ce concours récompense.
Vos questions
Combien d'animaux concouraient au national de la race limousine ?
Le concours a réuni 400 animaux adultes, issus de 150 élevages adhérents du Herd-Book limousin. Ils venaient de toute la France et ont défilé au Zénith de Cournon-d'Auvergne le mardi 6 octobre.
Comment devient-on juge de la race limousine ?
Il faut suivre une formation annuelle organisée par le Herd-Book limousin et France Limousin Sélection, où l'on apprend à juger et à pointer les animaux. Sur une quinzaine de juges, les meilleurs sont élus, puis on monte en grade selon les concours.
Pourquoi la limousine vêle-t-elle aussi facilement ?
Selon Marc Marty, c'est dû au bassin large et à la finesse des animaux. La race affiche 98 % de vêlages faciles et sans assistance, ce que les éleveurs cherchent à préserver en sélection.
Sources : france3-regions.francetvinfo.fr.
Articles similaires
Christophe Cressent parraine Rouen à Table : premier boulanger-pâtissier à tenir ce rôle, et MOF en 2000
Christophe Cressent, MOF 2000, est le premier boulanger-pâtissier parrain de Rouen à Table, du 7 au 11 octobre. Son mirl...
Carnet15 fleischschnackas jugés à Mulhouse : le plat alsacien introuvable hors d'Alsace a enfin son premier concours
Quinze fleischschnackas jugés à Mulhouse : Simler de Marckolsheim décroche l'or du premier concours de ce roulé de viand...
CarnetLe saucisson à cuire au four garde tout son moelleux
Pochez puis enfournez votre saucisson à cuire avec des pommes de terre : temps, température et gestes pour une chair moe...
