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« Ça devient dramatique » : les élus du Louhannais soutiennent Béchanne, berceau de la volaille de Bresse

Les élus du Louhannais soutiennent Béchanne, centre de sélection sans lequel la volaille de Bresse n'existerait plus. Ce que ça change pour vous.

Par Camille Levasseur

Vous avez déjà cuisiné une volaille de Bresse ? Elle existe grâce à un centre vieux de 70 ans, Béchanne, aujourd'hui fragilisé. Les élus du Louhannais lui apportent leur soutien, car la production de la filière recule et la situation financière du centre devient précaire.

En bref

  • Béchanne, centre de sélection vieux de 70 ans, fournit en poussins toute la filière de la volaille de Bresse.
  • La production est passée de 950 000 volailles il y a dix ans à un peu moins de 700 000 par an.
  • Les élus du Louhannais soutiennent le centre, dont la situation financière est précaire depuis plusieurs années.

Le chiffre clé : 700 000, volailles de Bresse produites chaque année, au mieux, contre 950 000 il y a dix ans.

Sans Béchanne, il n'y a plus de volaille de Bresse

Le constat est sans détour : si le centre s'arrête, la filière s'arrête avec lui. Béchanne a 70 ans. Il est installé à Saint-Étienne-du-Bois, dans l'Ain, et il occupe la toute première place de la chaîne qui mène la volaille de Bresse jusqu'à votre assiette.

Sa mission tient en quelques mots : préserver la race gauloise blanche. C'est cette race, et aucune autre, qui fait la volaille de Bresse. Quand le centre vacille, c'est donc l'origine même de ce que vous achetez chez votre boucher ou votre volailler qui est en jeu.

Or Béchanne est, depuis plusieurs années, dans une situation financière précaire. L'alarme tient en trois mots : « Ça devient dramatique ». Elle a poussé les élus du Louhannais à se mobiliser pour que le maillon de départ ne casse pas.

Le centre fournit toute la filière en poussins

Béchanne ne se contente pas de garder une race en vitrine. Le centre fait un travail de sélection, de multiplication et d'accouvage. Trois mots techniques, une seule conséquence : c'est lui qui fournit l'ensemble de la filière en poussins.

Autrement dit, aucun éleveur ne démarre sans passer par lui. Avant l'éleveur, avant l'abattage, avant l'étal de l'artisan, il y a ce centre et son travail patient sur la race.

Pour vous, la poularde qui mijote le dimanche ou la volaille rôtie des grandes tablées commence donc bien plus tôt qu'on ne l'imagine. Elle commence dans un lieu dont presque personne ne connaît le nom, et dont dépend tout le reste.

La filière produit moins de 700 000 volailles par an, contre 950 000 il y a dix ans

Béchanne subit de plein fouet la perte de vitesse de la volaille de Bresse. La baisse de la production est de plus en plus alarmante, et les chiffres parlent d'eux-mêmes.

PériodeVolailles de Bresse produites par an
Il y a dix ans950 000
Aujourd'huiUn peu moins de 700 000

Plusieurs causes se cumulent. Les éleveurs sont moins nombreux. La volaille est considérée comme trop chère par une partie des consommateurs. La grippe aviaire pèse aussi sur la filière.

Le lien avec le centre est direct : il vit de la filière qu'il approvisionne. Quand celle-ci rétrécit, c'est tout l'équilibre de la structure qui se fragilise, et la situation financière de Béchanne en porte la trace.

Les élus du Louhannais votent une subvention pour tenir le centre

Face à ce constat, les élus du Louhannais ont choisi de soutenir Béchanne par une subvention. Le geste est notable : le centre se trouve dans l'Ain, mais les élus d'un autre territoire s'en préoccupent. Ils savent qu'une filière ne s'arrête pas aux limites d'un département.

Ce soutien envoie un signal clair : la volaille de Bresse est un patrimoine collectif, et son premier maillon mérite d'être protégé. Il laisse au centre le temps de poursuivre son travail de sélection et d'accouvage.

Une subvention ne règle pourtant pas tout. Les causes de fond restent entières : des éleveurs moins nombreux, un prix jugé élevé, une grippe aviaire qui continue de menacer. Le vote donne de l'oxygène, il ne remplace pas une filière qui retrouve des volumes.

Ce que cela change pour votre table

Vous ne verrez pas Béchanne sur une étiquette. Pourtant, ce centre décide de l'avenir de ce que vous cuisinez. Si la filière continue de s'éroder, c'est la volaille de Bresse elle-même qui se raréfiera sur les étals.

  • Demandez à votre boucher ou à votre volailler d'où vient sa volaille de Bresse.
  • Réservez-la pour les repas qui comptent : son prix est précisément ce qui lui est reproché.
  • Parlez-en autour de vous : une filière se maintient aussi par les achats de ceux qui l'aiment.

Acheter une volaille de Bresse, c'est donc aussi faire vivre toute la chaîne, des éleveurs jusqu'à ce centre de sélection vieux de 70 ans.

Vos questions

Qu'est-ce que le centre de Béchanne ?

C'est un centre de sélection vieux de 70 ans, basé à Saint-Étienne-du-Bois, dans l'Ain. Il préserve la race gauloise blanche et fournit toute la filière en poussins grâce à son travail de sélection, de multiplication et d'accouvage.

Combien de volailles de Bresse produit-on aujourd'hui ?

Un peu moins de 700 000 volailles sont produites chaque année. Il y a dix ans, la production atteignait 950 000. La baisse est de plus en plus alarmante pour la filière.

Pourquoi la production de volaille de Bresse recule-t-elle ?

Les éleveurs sont moins nombreux et la volaille est considérée comme trop chère. La grippe aviaire pèse aussi sur la filière. Cette perte de vitesse fragilise Béchanne, dont la situation financière est précaire depuis plusieurs années.

Sources : lejsl.com.

« Ça devient dramatique » : les élus du Louhannais soutiennent Béchanne, berceau de la volaille de Bresse
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Camille Levasseur

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